
Nous avons testé pour vous le ciel colombien en parapente, nous testons maintenant les eaux des Caraïbes en voilier ! Notre choix se porte sur un magnifique deux mats des années 60, tout en bois, un petit bijou. De Cartagena de Indias en Colombie, nous faisons cap sur l’archipel de San Blas au Panama. Au programme, 6 jours de croisière, dont deux de navigation en haute mer. Nous traçons le compas avec trois irlandais (heureusement qu’on n’est pas français, c’est juste après l’histoire de la main de Thierry Henri !!!), un couple canado-colombien et le capitaine Paul qui est australien. Nous sommes donc à nouveau confrontés à la langue anglaise que nous avons fuit durant tout le voyage et on peut vous dire que c’est pas facile de s’y remettre après presque une année qu’on pratique l’espagnol !

Nous quittons le port de Cartagena de Indias, le cœur un peu lourd de laisser ce pays qui nous a tant plu, mais les deux hyper motivés à naviguer. Yannick a quand même le sourire aux lèvres, car il sait ce qui nous attend… Effectivement, il s’avère que la haute mer, même la plus tranquille du monde, et bien ça bouge bien sur un bateau, surtout sur un petit voilier ! Des creux de 3-4 mètres, ça suffit pour que Céline devienne verte, elle ne se sent bien que couchée. La première nuit de tournus à la barre n’est assumée que par Yannick, Céline reste allongée… Il faut dire qu’avec ses 15 ans de navigation dans sa prime jeunesse, il a un peu plus le pied marin !


Le lendemain, un chewing-gum anti-mal des transports et Céline retrouve ses couleurs, elle parvient même à prendre le gouvernail (
vidéo, c’est l’hécatombe sur le bateau…)! La deuxième nuit de tournus est un peu plus équilibrée et nous barrons les deux, nous assurons comme des vrais moussaillons ! A noter tout de même qu’aucune autre fille du bateau ne se retrouvera à la barre… Les heures de navigation sont quand même longues et il n’y a pas grand-chose à voir, surtout la nuit. Céline en vient vite à la conclusion à laquelle Yannick pensait déjà avant de partir:
« naviguer, c’est CHIIIANT !!! »

Nous sommes récompensés le deuxième matin par notre arrivée dans les îles de l’archipel de San Blas, nous sommes au Panama ! Notre première île déserte est une splendeur, on n’a jamais vu un sable aussi blanc et fin, les cocotiers, l’eau turquoise, c’est magnifique ! Seul le soleil manque à l’appel, on a même un peu de pluie, c’est quoi cette histoire, on pensait qu’il faisait tout le temps beau dans ces îles ?! Ça nous empêche pas de faire un peu de snorkeling (masque et tuba) et de découvrir nos premières étoiles de mer deux fois plus grandes que la main, de couleur orange ou jaune, superbe ! Pour le repas du soir, nous achetons des langoustes et des crabes aux indigènes qui peuplent la région, les Kunas. Pas faciles à décortiquer ces petites bêtes (les crustacés, pas les Kuna, oh la la !…), mais c’est un vrai délice !


Nous passons quatre jours à nous balader dans les îles, toutes plus belles les unes que les autres, parfois désertes, parfois habitées par quelques huttes en feuilles de palmier. On mange des noix de coco, on fait du snorkeling, Céline son macramé, Yannick son bouquin, la belle vie quoi ! On a la chance de faire une plongée autour d’une épave de bateau recouverte de coraux de toutes les couleurs et remplie de poissons colorés et de toutes tailles. En plus le soleil, un peu capricieux, nous fait l’honneur de se montrer et illumine de ses rayons l’eau turquoise, c’est superbe ! Malheureusement, nous n’avons pas d’appareil qui va sous l’eau, ça restera donc dans nos têtes !

Nous avons aussi la chance de croiser par deux fois la route de dauphins qui nagent avec nous pendant quelques dizaines de minutes, ils s’amusent avec les vagues du bateaux, nous accompagnent à la proue du bateau, ils sont si près qu’on distingue leurs yeux, ils sont trop mignons ! (pour écouter l'enthousiasme sans limite de Céline, voir
vidéo 1 et
vidéo 2)

Dernier moment fort de notre croisière, c’est la visite d’une des îles de la municipalité de Carti, près de 1800 personnes vivent sur une toute petite île, les maisons de paille se chevauchent presque et on vit quasi chez le voisin ! Autour d’une bière avec un Kuna (apparemment, ils en font une consommation assez importante…),

nous en apprenons un peu plus sur la vie de cette communauté. En fait, cette région du Panama qui inclut l’archipel de San Blas appartient au « Comarca Kuna Yala », une région totalement autonome du Panama. Pour obtenir leur indépendance, les indigènes Kuna ont mené un soulèvement violent contre le gouvernement panaméen en 1925. Les Kuna ont ainsi su conserver leur langue et leurs traditions. Ils sont à peu près 70'000 dont 38'000 vivent sur les îles. Comme beaucoup d’indigènes d’Amérique latine, les femmes portent encore leur habit traditionnel dont le « mola » est l’élément essentiel (une superbe pièce de tissu cousue main qui peut leur prendre des mois), alors que les hommes s’habillent à l’occidental.


Les formalités douanières effectuées sur une des îles de l’archipel, nous débarquons sur la terre ferme de la Comarca Kuna Yala pour 3h de jeep sur une route de fou à travers les montagnes recouvertes de forêt humide, un vrai rallye ! L’arrivée à Panama City avec ses gratte-ciel qui se voient de loin est un dur retour à la réalité, d’autant plus que la jeep se casse avec notre matériel de camping ! Il va falloir trouver un autre moyen de camper pour la suite…

Nous profitons d’une journée de visite de la vieille ville de Panama City, qui ressemble à un quartier un peu laissé à l’abandon avec beaucoup d’anciennes belles demeures coloniales tombant en ruine et squattées par de jeunes hippies ou des gens un peu louches. On est loin de la splendeur de Cartagena de Indias !

Et tout le monde nous parle anglais, il y a des McDo partout, on se croirait presque aux Etats-Unis, hm… On assiste quand même à une démo de tektonik panaméenne qui vaut le détour (
vidéo)!Nous n’irons pas voir le canal de Panama, la visite coûte aussi cher que de le passer en cargo, pas fous les « panaméricains » !

Nous repartons donc de Panama City en avion, direction MÉXICO ! Mais ne crions pas victoire tout de suite, apparemment notre carte visa n’a pas fonctionné pour le paiement de nos billets par Internet. S’en suite une longue discussion animée au check-in avec la compagnie aérienne, nous finissons par trouver une « solution » : repayer les billets ! Pour calmer les nerfs, on se rue au Duty Free et on se paie des super bonnes bouteilles de rhum qui coûtent que dalle au Panama et un gros toblerone de 150gr, aaaah !!!
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